Clever Cloud en 2026 : un avis honnête pour les équipes qui quittent AWS ou Azure

Clever Cloud est une plateforme en tant que service (PaaS) nantaise : vous déployez depuis git ou un Dockerfile, à côté de PostgreSQL, MySQL, Redis, MongoDB et d'un stockage de type S3 managés. CLEVER CLOUD SAS est une société privée dirigée par son cofondateur Quentin Adam, et sa région principale, Paris, tourne sur ses propres serveurs. Elle remplace Elastic Beanstalk, App Runner ou Azure App Service avec RDS, ElastiCache et S3, pas un parc EC2 : il n'y a ni machines virtuelles, ni volumes bloc, ni GPU. Le support est inclus pour tout le monde, les pénalités SLA sont versées en euros, et six post-mortems publics nomment leurs causes, parmi lesquelles des défauts de conception de Clever Cloud lui-même. En face, une base de données tient sur une seule machine, sauf si l'équipe commerciale ou le support met en place un réplica, le basculement est manuel, des pannes dans une partie de Paris se sont à plusieurs reprises propagées à toute la région, et notre charge de production coûte 1 166,46 € par mois, plus que chez AWS, avec une base de données sur un seul nœud.
Cet article fait partie d'une série qui compare 24 fournisseurs de cloud européens à AWS et Azure ; la vue d'ensemble les met côte à côte. Tout ce qui suit a été vérifié les 15 et 16 octobre 2026, chaque fois à la source : documentation, conditions juridiques, API de prix et de zones, page de statut, post-mortems et certificats de Clever Cloud, registre français des entreprises et témoignages d'utilisateurs. Nous n'avons pas ouvert de compte ni fait tourner de charges de travail.
L'essentiel
| Clever Cloud | |
|---|---|
| Siège et contrôle | Nantes. CLEVER CLOUD SAS, privée, dirigée par le cofondateur Quentin Adam. Pas de société mère ; les investisseurs extérieurs connus sont entrés lors de petits tours minoritaires, de 2011 à 2019. Contrôle par le fondateur probable, non prouvé |
| Régions et zones | Douze zones publiques : trois à Paris (dont une sur Scaleway), deux à Roubaix, Gravelines, le nord de la France, Varsovie, Londres, Montréal, Singapour, Sydney. « Gouv » (Cloud Temple) et « Middle East » (Oracle, Dubaï) sur demande. Pas de région allemande. Vous choisissez une région, jamais un centre de données |
| Charge de travail A (départ) | 79,13 € par mois à Paris, sur une instance d'application de 4 vCPU et 4 Go |
| Charge de travail B (production) | 1 166,46 € en équivalent plateforme, 1 231,35 € avec le plan de contrôle Kubernetes le moins cher. Non inclus : le stockage bloc, la haute disponibilité de la base de données (nœud unique) et une IPv4 publique par instance |
| Trafic sortant | Aucune ligne facturée à l'usage pour le trafic des applications dans les données de prix, sans qu'aucune page ne dise en toutes lettres qu'il est gratuit. Stockage objet (Cellar) : 0,09 € par Go jusqu'à 10 To par mois |
| SLA du calcul | Un seul objectif pour toute la plateforme, 99,9 % par an ; pénalité en euros, plafonnée à 10 % des frais des 12 mois précédents. 99,99 % avec l'option payante Premium. Aucun SLA trouvé pour Kubernetes |
| Support inclus | Pour tout le monde : e-mail, et tickets les jours ouvrés de 9 h 00 à 18 h 00 CEST ; aucun délai de réponse garanti |
| Qui peut s'inscrire | Tout le monde, par e-mail ou GitHub, avec des crédits gratuits et sans carte. Clever Cloud peut demander une carte et des informations d'identité à sa discrétion |
Ce que vous pouvez construire
L'unité est l'application, construite à partir d'un git push en instances qui tournent chacune dans sa propre machine virtuelle, avec des add-ons reliés par des variables d'environnement. Sauf mention contraire, les services sont en disponibilité générale.
| Ce dont vous avez besoin | Clever Cloud | AWS | Azure |
|---|---|---|---|
| Plateforme d'applications | Applications dans 18 environnements d'exécution (Java, .NET, Node.js et Bun, PHP, Python, Ruby, Go, Rust, Elixir, sites statiques et d'autres), mise à l'échelle automatique horizontale et verticale | Elastic Beanstalk, App Runner | App Service |
| Conteneurs | environnement d'exécution Docker : construit un Dockerfile depuis git ; pas de push d'image | App Runner, ECS | Container Apps |
| Machines virtuelles, bare metal, GPU | non vendus | EC2 | Virtual Machines |
| Stockage | Cellar (API S3, sur Ceph) ; FS Bucket, un système de fichiers réseau monté dans l'application ; pas de stockage bloc pour les applications | S3, EFS, EBS | Blob Storage, Azure Files, Managed Disks |
| Bases de données relationnelles | PostgreSQL 14 à 18, MySQL ; réplicas uniquement via l'équipe commerciale ou le support | RDS | Azure Database for PostgreSQL et MySQL |
| Autres services de données | Redis, MongoDB, Elastic Stack ; Materia KV (bêta, protocole Redis sur FoundationDB) | ElastiCache, DocumentDB, OpenSearch Service, DynamoDB | Azure Cache for Redis, Cosmos DB |
| Messagerie | Apache Pulsar (offre nommée « beta » dans l'API) ; ni Kafka, ni file de messages de type SQS | MSK, SQS, SNS | Event Hubs, Service Bus |
| Kubernetes | Clever Kubernetes Engine (CKE), en bêta publique depuis le 27 avril 2026 | EKS | AKS |
| Fonctions | Clever Functions (WebAssembly), en préversion privée | Lambda | Functions |
| Réseau | Network Groups (un maillage WireGuard entre applications et add-ons) ; load balancers partagés inclus ; load balancers dédiés, IP sortante fixe et VPN sur devis | VPC, ELB, NAT gateway, VPN | VNet, Load Balancer, NAT Gateway, VPN Gateway |
| Sécurité | Clever KMS (préversion, API compatible Vault, accès sur demande) ; IAM avec quatre rôles fixes | KMS, Secrets Manager, IAM | Key Vault, Entra ID |
| Identité, API, supervision | add-on Keycloak ; gestion d'API Otoroshi ; métriques Grafana et log drains | Cognito, API Gateway, CloudWatch | Entra External ID, API Management, Azure Monitor |
| Sauvegarde | sauvegardes quotidiennes des bases de données conservées 7 jours, gratuites ; restauration à un instant donné sur demande | AWS Backup | Azure Backup |
Absents purement et simplement : les machines virtuelles, le bare metal, les GPU, le stockage bloc pour les applications, un registre de conteneurs, des conteneurs serverless qui descendent à zéro (scale to zero), Kafka, le DNS, un CDN, un load balancer en libre-service avec IP fixe, un produit DDoS ou WAF documenté et un IAM à granularité fine. Une « offre d'Infrastructure-as-a-Service (IaaS) » a été annoncée en décembre 2025 pour 2026 ; au 16 octobre 2026, elle n'avait ni page de documentation ni produit dans l'API.
Quatre des lignes de la charge B n'ont pas d'équivalent. Les applications « tournent sur des systèmes de fichiers éphémères » : il n'y a donc pas de stockage bloc à acheter ; il n'y a pas d'IPv4 publique par instance, car le trafic arrive par les load balancers partagés ; un load balancer dédié n'existe que sur devis ; et la base de données n'a pas d'instance de secours en libre-service. La taille 4 vCPU et 16 Go n'existe pas non plus : la plus petite taille à 16 Go a 8 vCPU.
Le PostgreSQL managé ne donne ni superutilisateur, ni extensions, ni configuration du serveur, ni bases de données supplémentaires. Les correctifs de sécurité ne s'appliquent pas en place : le client lance une migration pendant laquelle « votre base de données sera en lecture seule », et le « nom d'hôte et le nom de la base de données seront modifiés automatiquement ». Sur Cellar, « donner accès à votre add-on Cellar donne un accès complet à tous vos buckets », et ni les règles de cycle de vie ni la réplication ne sont documentées.
L'outillage est propre à Clever Cloud et ouvert : une API REST avec une référence OpenAPI, la CLI Clever Tools (5.2, 15 octobre 2026) et un provider Terraform et OpenTofu qu'il maintient (3.0.0, 15 octobre 2026). Les endpoints de prix, de zones et de produits répondent sans connexion.
Ce que ça coûte
Prix catalogue de Clever Cloud en euros, hors TVA, tirés de son API de prix publique, vérifiés les 15 et 16 octobre 2026, à Paris (par, la seule zone qui vend tous les add-ons), sur la base de 730 heures par mois ; les montants mensuels de Clever Cloud lui-même supposent 720 heures.
Les tailles d'application vont de XS (1 vCPU, 1 Go, 16,22 € par mois) à 3XL (16 vCPU, 32 Go, 648,89 €), et le prix suit la mémoire : M, avec 4 vCPU et 4 Go, coûte 77,06 €, et XL, avec 8 vCPU et 16 Go, 308,22 €, si bien qu'une heure de vCPU coûte deux fois plus cher en XL. Il n'est pas précisé si les vCPU sont dédiés ou partagés.
Charge de travail A, une configuration de départ : une VM avec 2 vCPU et 4 Go, un disque de 40 Go, une adresse IPv4, 1 To de trafic sortant et 100 Go de stockage objet.
| Ligne | Choix | Euros par mois |
|---|---|---|
| Application | M, 4 vCPU, 4 Go : S n'a que 2 Go | 77,06 |
| Disque de 40 Go | pas d'équivalent ; FS Bucket ajouterait 66,92 | non chiffré |
| IPv4 publique | rien à acheter ; load balancer partagé inclus | 0,00 |
| 1 To de trafic sortant | aucune ligne facturée à l'usage | 0,00 |
| 100 Go de stockage objet | Cellar, 100 premiers Mo gratuits | 2,07 |
| Total | 79,13 |
AWS facture 112,37 € et Azure 116,15 € pour la même chose à Francfort, mais le To de trafic sortant pèse à lui seul 81,00 USD sur les 125,95 USD d'AWS : Clever Cloud ne l'emporte que parce que ce trafic ne figure pas sur sa facture.
Charge de travail B, un petit système de production : trois VM de 4 vCPU et 16 Go avec chacune une adresse IPv4, 300 Go de stockage bloc SSD, un load balancer, un PostgreSQL avec 2 vCPU, 8 Go et 100 Go en primaire plus instance de secours, 1 To de stockage objet avec 1 million de requêtes PUT et 10 millions de requêtes GET, un plan de contrôle Kubernetes et 2 To de trafic sortant.
| Ligne | Choix | Euros par mois |
|---|---|---|
| 3 applications | XL, 8 vCPU, 16 Go : aucune taille à 4 vCPU n'a 16 Go | 924,67 |
| 3 IPv4 publiques | rien à acheter | 0,00 |
| 300 Go de stockage bloc | pas d'équivalent ; FS Bucket ajouterait 501,71 | non chiffré |
| Load balancer | partagé, inclus | 0,00 |
| PostgreSQL | L_BIG, 6 vCPU, 8 Go, 120 Go, nœud unique | 221,03 |
| 1 To de stockage objet | Cellar ; aucuns frais de requêtes indiqués | 20,76 |
| 2 To de trafic sortant | aucune ligne facturée à l'usage | 0,00 |
| Total plateforme | 1 166,46 | |
| Plan de contrôle Kubernetes | CKE ALL_IN_ONE S, une VM de 8 vCPU et 12 Go qui sert aussi de nœud de travail ; bêta, sans SLA | 64,89 |
| Total avec Kubernetes | 1 231,35 |
AWS facture 1 082,61 € pour la charge B sur m7i.xlarge et Azure 1 091,88 € sur D4s_v5, tous deux avec une instance de secours de la base de données dans une deuxième zone. Le total plateforme de Clever Cloud dépasse AWS de 8 % et Azure de 7 %, et AWS de 14 % avec la ligne Kubernetes. Le calcul fait la différence : 924,67 € pour les trois instances XL contre environ 471,89 € pour les trois m7i.xlarge d'AWS. La base de données et le trafic sortant vont dans l'autre sens : AWS facture 320,13 USD pour sa base de données HA et 171,00 USD pour les 2 To de trafic sortant.
Trois variantes. Un réplica de la base de données, s'il est facturé comme un second L_BIG (non documenté), porte le total à 1 452,38 € avec le plan de contrôle le moins cher. Un plan de contrôle réparti sur trois sites parisiens coûte 200,75 € au lieu de 64,89 €. Faire tourner les applications sur des nœuds de travail Kubernetes ramène le total à 562,18 €, car la capacité CKE coûte environ quatre fois moins cher par vCPU et par Go ; mais CKE est une bêta sans SLA, et ses volumes et load balancers « seront ajoutés à votre facture avant que la plateforme n'atteigne la disponibilité générale ».
Trafic sortant et IPv4. Les 29 éléments facturés à l'usage de l'API de prix couvrent Cellar, FS Bucket, Pulsar, Kubernetes et Heptapod, et la documentation des factures ne mentionne des frais de trafic sortant que pour Cellar et Pulsar. Aucune page ne dit en toutes lettres que le trafic sortant des applications est gratuit, et nous n'avons trouvé aucune clause d'usage raisonnable : considérez ce zéro comme non confirmé (au tarif de Cellar, 2 To coûteraient 180,00 €). Le trafic sortant de Cellar coûte 0,09 € par Go jusqu'à 10 To par mois, 0,07 € au-delà. L'IPv4 n'est pas vendue : des adresses fixes en entrée et en sortie viennent avec un load balancer dédié ou le service Unique IP, tous deux sur devis.
Stockage et bases de données. Cellar n'a pas de frais de requêtes ; FS Bucket coûte 1,65 € par Go et par mois. MySQL coûte plus cher que PostgreSQL : L_BIG revient à 263,61 € contre 221,03 €. Les offres de bases de données DEV gratuites tournent sur des clusters partagés, sans sauvegardes ni SLA.
Facturation. La consommation est comptée à la seconde, et le compte est prépayé : vous l'approvisionnez chaque mois d'après votre consommation habituelle, avec un ajustement ensuite. Les bornes de mise à l'échelle automatique fixent « le prix maximal que vous souhaitez engager » par application ; nous n'avons trouvé ni plafond de dépenses au niveau du compte ni alerte budgétaire. Le « Up Program » offre aux startups « jusqu'à 10 000 € de crédits cloud la première année ».
Évolution des prix. Les conditions imposent un préavis d'« au moins trente (30) jours » par e-mail, et le client peut résilier sans pénalité avant qu'un changement ne s'applique. Un seul changement sur les 24 derniers mois : Keycloak as a Service passe le 1er novembre 2026 à 47 € par mois avec 100 utilisateurs actifs inclus, contre un minimum de 37,25 € auparavant, annoncé le 6 octobre 2026. Pulsar recevra une « tarification mise à jour » à sa disponibilité générale. Nous n'avons trouvé aucun changement des prix des applications ou des bases de données, sans qu'un historique daté des prix permette de le prouver.
Fiabilité
Ce qu'est une zone. Les clients choisissent une région ; le placement à l'intérieur relève de l'orchestrateur. Clever Cloud est passé « de 3 à 5 centres de données » à Paris fin 2025, et sa page d'infrastructure en liste cinq : Greendata Nanterre, Telehouse TH2 et TH3, Etix Everywhere Vélizy et nLighten Aubervilliers. Sa page de statut et le post-mortem de septembre 2026 parlent de deux zones de disponibilité à Paris (« Les deux AZ hébergent des moitiés complémentaires de plusieurs de nos clusters »), alors que la documentation Kubernetes indique toujours « 3 centres de données ». Les propres pages de Clever Cloud ne permettent pas de dire combien de domaines de panne compte Paris. Les autres régions sont des sites uniques, d'après ce que montre la page d'infrastructure, et toutes dépendent du plan de contrôle situé à Paris.
L'instance de secours de la base de données. Un add-on PostgreSQL ou MySQL est une machine virtuelle sur un hyperviseur, sans instance de secours. Jusqu'à deux réplicas en lecture seule peuvent être placés « dans une autre zone de disponibilité (AZ) ou une autre région sur demande », mais seuls l'équipe commerciale ou le support les mettent en place, le caractère synchrone ou non de la réplication n'est pas précisé, et le basculement est manuel : vous promouvez un réplica et reliez de nouveau les applications. La propre page Replication de Clever Cloud indique qu'après la panne d'un centre de données, la bascule « peut prendre de quelques dizaines de minutes à quelques heures ». AWS et Azure gardent une instance de secours synchrone dans une autre zone et basculent en 60 à 120 secondes.
Certains éléments sont répartis par conception : Materia KV et KMS écrivent de façon synchrone dans trois centres de données parisiens, les sauvegardes des bases de données conservent « trois copies réparties entre les centres de données de la région PAR », et un plan de contrôle CKE à trois réplicas ou plus est « réparti sur les trois sites ». Il n'est pas documenté si les instances d'une application sont réparties par défaut entre centres de données.
Pannes d'hyperviseurs. Du 19 septembre 2024 au 16 octobre 2026, la page de statut compte 52 entrées pour un hyperviseur en panne, planté ou injoignable, dont environ la moitié à Paris. Celle du 4 septembre 2026 indique : « Les add-ons et services hébergés sur ce nœud sont actuellement injoignables ». Faute de basculement automatique, chacune signifie une indisponibilité pour les bases de données à instance unique de cet hôte.
Le SLA. Les conditions générales (dernière mise à jour le 29 août 2024) promettent « un taux de disponibilité moyen de la Plateforme de 99,9 % par an » : un seul chiffre pour toute la plateforme, pas de SLA par service.
- L'indisponibilité ne compte que pour un « Incident Critique ou Incident Majeur dû à une cause imputable à Clever Cloud » ; la maintenance annoncée dix jours à l'avance est exclue.
- La pénalité vaut la part des minutes d'indisponibilité, multipliée par deux, multipliée par les frais payés sur les 12 mois précédents, plafonnée à 10 % de ces frais, et elle est versée en euros. Une panne de 4 heures sur un mois de 30 jours, pour 12 000 € par an, donne 133 €. Au plafond, le client peut résilier immédiatement.
- C'est l'unique recours : le client documente les preuves et réclame « au plus tard deux (2) mois après la fin de l'indisponibilité ».
- Premium porte l'objectif à 99,99 % par an et, si la plateforme n'est pas rétablie dans son objectif de résolution de 2 heures, verse « 50 fois le montant facturable » des services concernés pendant la panne, plafonné à un mois de consommation.
- Aucun SLA n'a été trouvé pour CKE, et les offres DEV n'en ont pas. La responsabilité est plafonnée à 12 mois de frais, et « le Client est seul responsable de sa politique de sauvegarde des données et de la redondance de ses services ».
AWS s'engage sur 99,99 % pour EC2 entre zones et 99,95 % pour une instance RDS Multi-AZ ; Azure donne 99,99 % pour les VM entre zones et pour PostgreSQL redondant entre zones. Leurs avoirs s'imputent sur les factures futures ; l'objectif plus bas de Clever Cloud est garanti en argent.
Page de statut et incidents. clevercloudstatus.com a un historique qui remonte au moins à mai 2022, et six post-mortems depuis août 2024 nomment clairement les causes.
| Date | Périmètre et durée | Cause |
|---|---|---|
| 22 nov. 2024 | des timeouts dans tout Paris pendant plusieurs minutes après une coupure de fibre d'une minute | « Certaines routes réseau étaient encore obsolètes et tentaient d'utiliser les liens morts » |
| 3 mars 2025 | une zone parisienne a perdu l'alimentation pendant environ 5 secondes ; la plateforme est restée instable jusque vers 17 h 20 CET, add-ons rétablis à 19 h 35 CET ; échecs de déploiement dans les zones distantes ; aucune perte de données | une coupure de courant pendant le test d'onduleurs de l'exploitant, puis le routage, la pression mémoire et des verrous de l'orchestrateur |
| 9 oct. 2025 | perte de services critiques à Paris | une panne de refroidissement dans un centre de données ; la pression mémoire a fait basculer un autre hyperviseur dans le même état |
| 19 mars 2026 | services parisiens, déploiements et observabilité, de 15 h 50 à 18 h 10 UTC | un pic de mémoire sur environ 15 hyperviseurs, amplifié par « un effet de seuil de l'algorithme de placement » |
| 27 août 2026 | load balancers publics hors service « dans toutes les régions publiques » pendant jusqu'à 19 minutes | un nom de domaine terminé par une barre oblique a fait planter Sōzu ; la configuration « s'est propagée à toutes les régions publiques en même temps, sans étape de canary » |
| 22 sept. 2026 | Cellar, la console, l'API, les déploiements et « certaines bases de données managées » dégradés, de 10 h 06 à 11 h 41 CEST | un défaut intermittent sur un lien entre deux zones parisiennes |
| 15 oct. 2026 | DDoS sur l'infrastructure parisienne avec un « impact réseau limité » ; toujours sous surveillance le 16 octobre | DDoS |
Le schéma compte plus que chaque entrée : une microcoupure de courant, une panne de refroidissement, un pic de mémoire et un lien défaillant se sont chacun propagés au-delà de l'élément en panne, comme le disent les post-mortems eux-mêmes.
Support
| Offre | Prix, hors TVA | Objectif | Horaires |
|---|---|---|---|
| Standard | inclus, y compris pour les utilisateurs non payants | aucun garanti ; réponse aux e-mails « en quelques heures, ou deux jours ouvrés dans le pire des cas » | Ticket Center de 9 h 00 à 18 h 00 CEST les jours ouvrés |
| Premium | 1,8 fois la consommation mensuelle plus 490 € par mois, engagement de 12 mois | critique ou majeur : intervention sous 15 minutes et résolution sous 2 heures, à toute heure ; mineur : 1 heure et 4 heures aux heures ouvrées | à toute heure, incidents critiques déclarés par téléphone |
| Option HDS | 200 € par mois plus 1,4 fois le tarif standard |
Le support est « assuré par les équipes de Clever Cloud en France » ; le téléphone n'est disponible qu'avec une option souscrite. Premium coûte cher : sur une facture mensuelle de 1 000 €, il revient à 2 290 €, dont 1 290 de surcoût, et deux pages de Clever Cloud se contredisent sur la question de savoir si le multiplicateur s'applique à toute la consommation ou seulement aux « environnements de production ». AWS Business Support+ revient à environ 99 à 109 USD par mois pour la charge B, et Azure Standard, avec un objectif d'une heure, coûte 100 USD. Premium ajoute toutefois un objectif de résolution.
Nous n'avons trouvé aucun témoignage indépendant sur la qualité du support au cours des 24 derniers mois, ni positif ni négatif.
Ouvrir un compte
L'inscription demande une adresse e-mail ou un compte GitHub, et « vous recevrez des crédits gratuits pour essayer Clever Cloud sans carte de paiement », d'un montant non précisé. Créer un add-on exige la ville et le code postal du compte. Selon les conditions générales (6.3), Clever Cloud « peut demander au Client de renseigner un moyen de paiement valide » et des informations d'identité « à sa seule discrétion », et peut suspendre l'accès jusqu'à les avoir obtenus. Les conditions s'adressent aux « développeurs professionnels et aux personnes morales ».
Il n'existe pas de page générale sur les quotas. Les limites documentées sont de 40 instances par application et de 16 vCPU et 32 Go par instance. Kubernetes doit être activé dans Labs, avec un quota par défaut non publié, relevé par l'équipe commerciale ou le support.
La charge B dès le premier jour : les applications et l'add-on PostgreSQL peuvent être créés, d'après ce que montrent les documents ; un réplica de base de données ou une IP fixe exige une demande. Chez AWS, le quota par défaut de 5 vCPU pour les instances standard est inférieur aux 12 de la charge B.
Clever Cloud peut suspendre le service en cas de violation « ou de soupçon raisonnable de violation », avec notification par e-mail et la possibilité de « présenter ses observations », et « sans préavis » lorsque le paiement a plus de 30 jours de retard. Il peut mettre fin à un contrat avec un préavis de deux mois. Nous n'avons trouvé aucun témoignage direct sur les vérifications à l'inscription ou sur des suspensions.
Conformité et protection des données
| Référentiel | Statut |
|---|---|
| ISO/IEC 27001:2022 | Certificat consulté : Bureau Veritas, FR086307, valable jusqu'au 14 mars 2027, périmètre « Cloud Platform as a Service, public and private ». Sa liste de sites est antérieure aux sites parisiens actuels : elle nomme Databank Vélizy, Equinix PA3 et un site Oracle à Djeddah, pas Telehouse TH3 ni Etix |
| HDS v2 (données de santé françaises) | Certificat consulté : Bureau Veritas, FR094504-1, valable jusqu'au 19 décembre 2027, pour les six activités HDS. Sites : Nantes, nLighten Aubervilliers, Telehouse TH2, OVH Roubaix et Gravelines ; ni Green Data Nanterre, ni Telehouse TH3, ni Etix Vélizy, ni Scaleway |
| SecNumCloud | Non qualifié. Clever Cloud dit être « actuellement en cours de qualification SecNumCloud sur sa propre infrastructure », et propose la plateforme dans la zone « Gouv » sur l'infrastructure qualifiée de Cloud Temple. Le catalogue de l'ANSSI d'octobre 2026 ne contient aucune entrée Clever Cloud, pas plus que la liste de l'ANSSI des prestataires SecNumCloud en cours de qualification |
| SOC 2, BSI C5, PCI DSS, ISO 27017 et 27018 | Aucun trouvé ; le badge PCI DSS et les autres badges de la page d'infrastructure appartiennent aux exploitants des centres de données |
La page Security affiche « Certifications reconnues : ISO 27001:2022, HDS, SecNumCloud » comme si les trois étaient détenues, alors que la même page dit que Clever Cloud « est en cours d'obtention de la certification SecNumCloud ».
Le 17 avril 2026, la Commission européenne a attribué l'un des quatre contrats de son appel d'offres pour un cloud souverain (jusqu'à 180 millions d'euros sur six ans pour les quatre) à « un partenariat luxembourgeois et français mené par Post Telecom avec OVHCloud et CleverCloud », classé SEAL-3, comme STACKIT et Scaleway.
Le Data Processing Agreement reprend la formulation des clauses contractuelles types de l'UE : les sous-traitants ultérieurs figurent « sur une liste convenue », les changements sont notifiés « au moins 30 (trente) jours à l'avance », et les transferts hors de l'UE exigent des instructions documentées ou une obligation légale. La liste des sous-traitants ultérieurs (version 1.6, 1er septembre 2026) nomme l'exploitant des centres de données de chaque région, et a corrigé la région Oracle, de l'Arabie saoudite aux Émirats arabes unis. En dehors de l'infrastructure, les sous-traitants ultérieurs situés aux États-Unis sont Twilio (support téléphonique) et Pipedrive (CRM). Vous choisissez la zone par application et par add-on ; nous n'avons pas établi si les sauvegardes des bases de données des régions hors de Paris partent aussi à Paris.
Qui le contrôle
CLEVER CLOUD SAS (SIREN 524 172 699), créée le 2 août 2010, a son siège social à Nantes ; son président est Quentin Adam. Le registre indique un effectif de 50 à 99 salariés en 2024 et ne publie qu'une année de comptes, 2022 : un chiffre d'affaires de 3 694 331 € et un résultat net de 831 977 €.
Aucun registre des actionnaires n'est public pour une SAS française. Les investisseurs extérieurs connus sont Kima Ventures, The Family et des business angels, lors de petits tours minoritaires de 2011 à 2019, et aucune société mère ni aucun actionnaire significatif non européen n'apparaît. Le contrôle par le fondateur est probable, mais c'est notre déduction. Une « Final Sovereignty Clause », annoncée en juin 2026 pour « certains contrats couvrant des services critiques », donnerait à « une entité publique européenne de confiance désignée à l'avance » « les droits nécessaires » pour maintenir un service en fonctionnement après « un changement de propriétaire, une acquisition par un acteur non européen ou un bouleversement réglementaire majeur ». Nous n'avons pas lu la clause elle-même.
Sur quelle infrastructure tourne chaque région :
| Région | Infrastructure |
|---|---|
Paris (par, parhds) | serveurs propres de Clever Cloud en colocation chez Green Data, Telehouse, nLighten et Etix |
Paris (scw) | Scaleway |
| Roubaix, Gravelines, Nord, Varsovie, Montréal, Singapour, Sydney | OVHcloud |
| Londres | IONOS |
| Gouv, sur demande | Cloud Temple |
| Middle East, sur demande | Oracle, à Dubaï |
Le plan de contrôle de toutes les régions tourne à Paris. Le logiciel est propre à Clever Cloud ou open source : son orchestrateur, le load balancer Sōzu, Apache Pulsar, Ceph et FoundationDB ; nous n'y avons trouvé aucune technologie d'hyperscaler. Clever Cloud dit relever « exclusivement du droit français et européen » ; Oracle, qui exploite la région Middle East, est une entreprise américaine.
Partir
Les conditions générales (12.2) permettent à un client qui part d'« obtenir une exonération des frais de trafic sortant en adressant une demande au Support de Clever Cloud au moins 30 jours calendaires avant la fin du Contrat ». Sans elle, sortir 10 To de Cellar coûte 900 €. L'aide pour obtenir une copie « dans un format ouvert » peut être facturée, et toutes les données « peuvent être définitivement supprimées » à la fin du contrat. Si c'est Clever Cloud qui met fin au contrat, hors défaut de paiement ou contenu illicite, vous obtenez une copie gratuite sous 30 jours.
Le code part facilement : git est le mécanisme de déploiement, et un Dockerfile se construit n'importe où. Les bases de données sont des moteurs standard avec des sauvegardes téléchargeables, et Cellar parle S3. Aucun export managé ni aucune réplication sortante n'est documenté : déplacer une base de données en service suppose donc un dump et une restauration avec interruption, ou une réplication que vous construisez vous-même.
Le travail est dans la configuration. Les réglages de build et d'exécution vivent dans des variables d'environnement CC_*, des hooks de build et un dossier clevercloud/, rien de tout cela n'étant un Procfile, un buildpack ou un standard de conteneur, et les add-ons atteignent les applications par des variables injectées. Network Groups, Materia, Clever KMS et les ressources Terraform sont propres à Clever Cloud, même si Materia KV parle le protocole Redis et KMS une API compatible Vault. Clever Cloud présente CKE comme un Kubernetes « vanilla » ; ses groupes de nœuds et son opérateur sont maison, et nous n'avons trouvé aucune inscription sur la liste de conformité de la CNCF.
Ce que disent les utilisateurs
Les témoignages indépendants de première main des 24 derniers mois sont très rares : un fil Reddit demandant des retours de production sur Clever Cloud (r/nextjs, décembre 2025) n'a reçu aucune réponse à ce sujet, et un fil de l'Elixir Forum relève « très peu d'informations à leur sujet ». Le seul témoignage de production que nous avons trouvé (r/Startups_EU, août 2026) décrit une plateforme « très stable, jamais ouvert un ticket en un an », mais dit que les clients grands comptes qui demandent des « sauvegardes et des basculements automatiques comme chez les hyperscalers » se heurtent à des limites. La documentation de Clever Cloud confirme ces limites ; l'historique de statut ci-dessus nuance le « très stable ».
À qui il convient, et qui devrait chercher ailleurs
Clever Cloud convient aux équipes qui font tourner des applications web et des API dans des environnements d'exécution courants et qui veulent des déploiements à la Heroku, avec PostgreSQL, Redis et S3 managés, sous contrat français et avec un support francophone ; aux projets français de données de santé qui ont besoin de l'HDS ; aux organismes publics européens qui achètent par le contrat de la Commission ; et aux équipes qui paieraient sinon un hyperscaler pour le support.
Cherchez ailleurs si vous avez besoin d'un basculement automatique de base de données ou de garanties au niveau de la zone ; si vous avez besoin de machines virtuelles, de GPU, de volumes bloc ou de Kafka ; si votre charge est gourmande en calcul et que le budget est serré ; s'il vous faut aujourd'hui SecNumCloud sur la plateforme de Clever Cloud elle-même plutôt que via la zone de Cloud Temple ; ou s'il vous faut une IP fixe ou un load balancer dédié sans passer par un commercial.
Sources
Vérifiées les 15 et 16 octobre 2026.
Tarifs
- API de prix publique, zone par, API des fournisseurs d'add-ons et API des instances
- Tarifs
- Clever Cloud Premium et Clever Cloud vs Clever Cloud Premium
- Santé (HDS)
- Programmes cloud
- « Keycloak as a Service: pricing changes from 1 November 2026 », 6 octobre 2026
- Chiffres d'AWS et d'Azure : AWS Price List bulk API et Azure Retail Prices API, convertis au taux BCE du 15 octobre 2026
Conditions et SLA
- General Terms and Conditions of Use, mises à jour le 29 août 2024
- Premium Services Policy, 22 février 2022
- Data Processing Agreement
- Sous-traitants ultérieurs, version 1.6, 1er septembre 2026 et version 1.5
Documentation
- API des zones
- Documentation pour développeurs et son index : applications, mise à l'échelle, PostgreSQL, MySQL, Redis, Cellar, stockage, Kubernetes, KMS, load balancers, Unique IP, variables d'environnement, migration de base de données, factures, obtenir de l'aide et FAQ
- Infrastructure, Replication et Technologies
- « What's new on Clever Cloud, Q4 2025 », 5 décembre 2025
- « CKE in public beta », 27 avril 2026
- Provider Terraform et Clever Tools
Statut et incidents
- Page de statut et historique des incidents
- Post-mortems, dont celui du 2 août 2024 ; les autres sont datés du 3 mars 2025, du 9 octobre 2025, du 19 mars 2026, du 27 août 2026 et du 22 septembre 2026
- DDoS sur l'infrastructure parisienne, 15 octobre 2026
Conformité
- Pages Security et Sovereign cloud
- Certificat ISO 27001 FR086307 et certificat HDS FR094504-1
- Catalogue de l'ANSSI, octobre 2026 et ANSSI, prestataires SecNumCloud en cours de qualification
- Commission européenne, appel d'offres pour un cloud souverain, 17 avril 2026 et l'annonce de Clever Cloud
Entreprise et actionnariat
- Annuaire des entreprises
- « VivaTech 2026: Clever AI, OpenVisio and the Final Sovereignty Clause », 16 juin 2026
- FrenchWeb, « Le Nantais Clever Cloud lève des fonds auprès de Kima Ventures »
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